Déclaration PowerShift sur la publication de l’évaluation ex post de l’AECG par la Commission européenne
Berlin, le 7 juillet: L'évaluation récente par la Commission européenne de l'accord commercial UE-Canada (AECG) donne une image beaucoup trop positive et masque les lacunes importantes de l'accord en matière de climat et d'environnement. Notre étude indépendante «Évaluation de l’incidence de la politique commerciale et des accords commerciaux sur le climat – Étude de cas sur l’AECG» démontre clairement que l’AECG, dans sa forme actuelle, est incompatible avec les objectifs climatiques de l’UE et sape les efforts de transformation socio-écologique équitable.
Alessa Hartmann, experte commerciale chez PowerShift et co-auteure de l'étude, critique: «La Commission continue de vendre l’AECG comme une réussite, sans se préoccuper sérieusement des effets néfastes de l’AECG sur le climat et l’environnement. Une politique commerciale équitable et durable doit placer le climat, les droits de l’homme et l’économie locale avant les bénéfices des entreprises.»
Thomas Fritz, expert commercial chez PowerShift et co-auteur de l'étude, ajoute: «L’évaluation de l’UE dresse un tableau unilatéral et ignore l’incidence réelle de l’AECG sur l’homme et l’environnement. Nous avons urgemment besoin d’une politique commerciale centrée sur les personnes et la planète, et non sur les intérêts lucratifs des grandes entreprises.»
Dans leur Communiqué de presse sur l'évaluation ex post souligne que l’augmentation des flux commerciaux et la réduction des obstacles réglementaires sont des réussites, sans tenir compte de l’incidence de ces évolutions sur la politique climatique. En effet, l’AECG encourage de manière ciblée le développement de secteurs à forte intensité d’émissions, en particulier dans l’agriculture et les industries extractives, en intensifiant les échanges transatlantiques. Il en résulte une augmentation des émissions de gaz à effet de serre dans les transports et la production, sans que des mesures d’atténuation efficaces ne soient prévues.
Les effets néfastes de l’AECG sur le climat sont particulièrement évidents dans l’augmentation des échanges bilatéraux de pétrole brut, de viande bovine, de bois et de plastique, qui sont tous des biens à forte intensité d’émissions. Ce résultat décevant ne peut pas non plus être compensé par la légère augmentation du commerce de produits respectueux de l'environnement, car la part de ces produits n'atteint jamais le seuil de 10. % de l'ensemble des échanges bilatéraux.
En outre, le système juridictionnel des investissements (SJI) de l’AECG continue de représenter une menace sérieuse pour des politiques climatiques ambitieuses. Les recours collectifs n'entreront en vigueur qu'une fois que tous les États membres de l'UE auront ratifié l'accord. Étant donné que ce processus de ratification est toujours en cours, l’AECG n’est actuellement appliqué qu’à titre provisoire. L'ICS accorde des droits spéciaux aux investisseurs étrangers lorsqu'ils souhaitent poursuivre des États en justice pour des règlements susceptibles d'affecter leurs bénéfices. Il a donc un effet dissuasif sur les mesures urgentes de lutte contre le changement climatique. Notre étude montre: Cet instrument donne la priorité aux intérêts des entreprises par rapport à la protection du climat et aux processus décisionnels démocratiques.
L’évaluation de la Commission européenne ne reconnaît pas non plus suffisamment que l’AECG aggrave les déséquilibres structurels, en particulier en ce qui concerne l’extraction de matières premières dans des pays partenaires tels que le Canada, où les droits des communautés autochtones et la protection de l’environnement sont souvent relégués au second plan.
Si l’UE prend au sérieux les objectifs climatiques qu’elle s’est fixés dans le cadre du pacte vert pour l’Europe et de l’accord de Paris sur le climat, des accords commerciaux tels que l’AECG devront être fondamentalement révisés. La politique commerciale ne doit pas rester une tache aveugle dans la stratégie de l'UE en matière de climat. Une politique commerciale respectueuse du climat doit mettre l’accent sur la réduction de la consommation de matériaux et d’énergie et sur le renforcement des chaînes de valeur locales. Les mécanismes de recours entre investisseurs et États qui mettent en péril la législation environnementale doivent être exclus.
PowerShift appelle le Parlement européen, les gouvernements nationaux et la société civile à s’interroger de manière critique sur les résultats de cette évaluation et à œuvrer en faveur d’une politique commerciale respectueuse du climat au service des citoyens et de la planète.
Vous trouverez notre étude de cas CETA ici: https://power-shift.de/ceta-bewertung-klimaauswirkungen/
Si vous avez des questions, n'hésitez pas à contacter:
- Alessa Hartmann, chargée de mission en matière de politique commerciale et d'investissement, alessa.hartmann@power-shift.de, +49 (0)30 278 756 32
- Thomas Fritz, responsable de la politique commerciale et d'investissement, thomas.fritz@power-shift.de, +49 (0)30 275 937 38
- Adrian Bornmann, responsable des relations publiques et de la presse, adrian.bornmann@power-shift.de, 030-27590497







